Blog i7

Beyond Smart Cities: Creative Cities

Article écrit par Pascal Morand

Le séminaire Business in Europe s'adresse à tous les étudiants en Master 2 effectuant leur scolarité sur les campus européens du programme Master in Management (Grande Ecole) de ESCP Europe. Il porte cette année sur le thème de la créativité et des villes créatives. A l'heure où est mise en exergue autant qu'il est possible l'idée de cluster sous différentes appellations, il doit être rappelé que les villes constituent les premiers des clusters, réunissant les talents les plus divers, forgeant les projets les plus audacieux et prometteurs. L'idée de "Smart Cities" est à cet égard assez répandue, restrictive pour autant car tendant à limiter son champ aux infrastructures et équipements favorisant l'émergence des initiatives et de projets économiques de toute nature. Si  les politiques publiques qui en résultent revêtent une évidente importance, les grandes villes et tout particulièrement celles où ESCP Europe est implantée représentent un enjeu plus conséquent, car il s'y déploie une culture économique, technologique et artistique qui autorise tous les défis et innovations, grâce auxquels émerge un  nouveau modèle économique et social et se dégage la contemporanéité.

C'est dans cette perspective que le séminaire est déployé sur quatre campus européens de l'Ecole (Berlin, Londres, Paris, Madrid) par l'Institut pour l'Innovation et la Compétitivité i7 et SenseSchool. Il s'y déroule selon le même modèle sur deux journées :

  • le premier jour, trois tables rondes constituées d'experts et dirigeants d'entreprises et animées par Pascal Morand, Directeur de l'Institut i7, permettent d'approfondir l'impact de la créativité sur l'innovation et l'entrepreneuriat, ainsi que de mieux saisir les enjeux des industries créatives ;
  • le second jour, les étudiants interagissent avec un panel d'intervenants (au nombre de vingt pour le séminaire se tenant à Paris) lors d'ateliers de résolution de défis managériaux. Ces challenges sont proposés par des responsables d'entreprises et d'organisations d'origines diverses, auparavant sélectionnés par SenseSchool.

Le déroulement du séminaire dans quatre campus et villes européennes permet également de mieux appréhender l'humus comme l'attractivité de chacun de ces contextes, la manière dont la créativité s'y manifeste et d'être ainsi en mesure de dégager une approche comparative.

A travers le suivi de ce séminaire, les étudiants de ESCP Europe seront davantage en mesure de s'approprier la culture créative, ses enjeux, avatars et modalités, pour mieux l'intégrer dans leur processus décisionnel futur, quelle que soit l'activité qu'ils aspirent et s'apprêtent à exercer.

Quelle importance pour les indices de compétitivité ?

Article écrit par Alice de Bazin

Il est aujourd’hui bien souvent question de compétitivité dans les débats économiques et politiques et la médiatisation des différents classements comme celui du World Economic Forum n’est pas étrangère à ce phénomène. Le déficit de compétitivité est fréquemment invoqué pour expliquer les problèmes de certains pays européens. La notion de compétitivité est pourtant encore très largement discutée. La critique la plus connue émane de Paul Krugman, mais il y en existe bien d’autres. Si l’idée de compétitivité d’une entreprise fait sens,  son extension aux nations n’est-elle pas problématique, voire critiquable ? N’y a-t-il pas confusion entre compétitivité, productivité et prospérité ? Une nation peut-elle être compétitive ? Pour mieux comprendre, il faut se pencher sur la manière dont la compétitivité est mesurée, à travers la comparaison de trois indices mesurant la compétitivité ce à quoi nous ajoutons un indice mesurant l’innovation. Ces deux notions étant souvent liées. Quelle information nous apportent ces indices ? Est-elle fiable ?

A travers la description du Global Competitiveness Index du World Economic Forum, du World Competitiveess Yearbook de l’IMD, de l’indice créé par Michael Porter et du Global Innovation Index de l’INSEAD, il apparaît que les résultats suivent quasiment la même tendance même si l’on observe des résultats différents. Les indices possèdent beaucoup de critères en commun (hard et soft datas) car ils utilisent les mêmes sources comme les bases de données des grandes institutions internationales. Les différences de résultats peuvent donc être expliquées par des différences dans la construction des indices. L’utilisation d’un guide fourni par l’OCDE permet tester la validité des méthodes employées pour la construction des indices composites.

Il est dès lors intéressant d’étudier les cadres théoriques, la sélection des variables, le calcul des données manquantes, l’analyse multi-variée, la normalisation des données, leurs pondérations, leurs agrégations et leurs robustesses. De cette analyse, il en ressort premièrement que le cadre théorique pourrait être amélioré en étant plus précis sur le phénomène à mesurer. Deuxièmement, les enquêtes d’opinion pourraient être plus rigoureuses, le nombre de réponses obtenues par pays varie énormément alors qu’il devrait être proportionnel au nombre d’habitant ou au PIB/habitant afin d’apporter la même qualité d’information. Troisièmement, l’utilisation de l’équipondération des variables peut provoquer des résultats surprenants car il n’y a pas de différenciation entre les variables qui n’ont peut-être pas toutes la même valeur dans la détermination de la compétitivité d’un pays.

Les enquêtes d’opinions posent un problème qui ne s’arrête pas à leur construction mais à la nature très subjective des réponses données. Certes, l’avis des chefs d’entreprises est précieux dans la mesure où la performance économique peut être corrélée à la confiance dont ils témoignent. Mais leur degré d’optimisme peut être fonction de facteurs culturels et par ailleurs, l’optimisme peut s’avérer excessif en cas de conjoncture économique favorable. Ainsi, cet avis ne reflète pas précisément la situation objective de la nation et du climat des affaires. La géographie économique met en avant d’autres irrégularités notamment la difficulté de rendre compte de la compétitivité d’une nation quand il existe de fortes inégalités au sein d’un même pays. Enfin, la recherche du rang est le dernier problème posé par ces indices. Certains chefs d’Etats veulent, non pas améliorer la qualité de vie des citoyens, mais leur rang dans tel ou tel classement dont l’incertitude est pourtant prouvée. Les pays bien classés peuvent être enclins ne pas remettre en cause ces classements et les pays mal classés n’osent pas le faire de peur de passer pour des mauvais joueurs. La recherche de la compétitivité doit passer par des choix et des politiques qui ne sont pas tous mesurés par ces indices.

Comment améliorer ces indices ? Il faudrait restructurer la définition de la compétitivité afin de répondre aux recommandations de l’OCDE tout en acceptant le consensus reliant compétitivité et prospérité au sens de la stratégie de Lisbonne. Ainsi, la compétitivité peut se définir comme la façon dont un Etat va réussir à mobiliser toutes ses ressources (politique, humaine, règlementaires, naturelles) afin d’améliorer la prospérité d’un pays. On entend par prospérité, une croissance stable, une bonne qualité de vie pour tous les habitants d’un pays, un faible taux de chômage, une stabilité économique et politique, un accès aux soins et une appréciation de la part des citoyens.La compétitivité doit se jouer au niveau du capital humain, des entreprises et de la nation et chacun de ces acteurs peut améliorer les ingrédients ainsi que la stratégie et être en mesure de constater les résultats de ce travail. En améliorant la prise en compte d’éléments comme l’innovation, l’éducation et l’environnement entre autres facteurs, nous suggérons de créer une nouvelle matrice décrivant les déterminants de la compétitivité :

Compétitivité

Inputs

Process

Outputs

Capital Humain

- Education

- Sante

- Formation  professionnelle

- Recherche

- Créativité

- Utilisation des TIC

- Pratiques managériales

 

- Taux de chômage

- Formation appropriée aux besoins du marché

- Revenus

- Parité

- Valeurs et attitudes

- Pratiques

Entreprise

- Ethique

- Comptabilité

- Financement

- Environnement des affaires

- Innovation

- Utilisation des TIC

- internationalisation

 

- IDE

- Investissements

- Productivité

- Nouveaux produits/services/processus

 

Gouvernement

- Stabilité

- Démocratie

- Infrastructures (communication, transport, éducation)

- Règle de droit

- Ethique

- Efficacité du marché du travail

- Concurrence

- Ouverture

- efficience de la réglementation

- Budget /dette

- Fiscalité

 

 

- Croissance

- Balance courante

- Inflation

- Empreinte écologique

 

L’immatérialisme, clef de voute paradoxale de notre temps

Article écrit par Pascal MORAND, Directeur de l'Institut pour l'Innovation et la Compétitivité i7

Où réside la compétitivité d’aujourd’hui et de demain ? Dans l’innovation, assurément, mais pour autant qu’elle soit holistique ; dans la restauration des marges financières, certainement, mais avec quel  projet pour l’avenir? Dans la réindustrialisation ? Probablement, mais de quelle industrie parle-t-on ? Ce concept même est-il toujours d’actualité ?

Le fordisme jette ses derniers feux. La chaîne de valeur continue de se fragmenter de toutes parts. C’est le règne de l’ « économie de bazar » décrite et aussi critiquée par l’économiste allemand Hans-Werner Sinn voici quelques années[1]. Faut-il le déplorer ? Certes, seulement 15 % de la valeur ajoutée de la Porsche Cayenne est réalisé en Allemagne, parmi bien d’autres exemples, il n’en reste pas moins que cette nouvelle dé/restructuration industrielle  a contribué, en comprimant les coûts, à assurer le succès de l’industrie allemande.

Une floraison de qualificatifs accompagne la description de l’économie contemporaine : on dit d’elle selon les cas qu’elle est « de la connaissance », « du savoir », « cognitive », « intangible »,  « culturelle »,  etc. La relative pertinence de ces termes n’empêche pas qu’ils voilent une partie de la réalité et sont générateurs de mythes. Est-on bien certain que la connaissance et le savoir sont nécessairement des facteurs de progrès économique et social ? Que si l’on cherche beaucoup, on innovera d’autant ? Que le culturel, comme d’ailleurs le scientifique, ont un rôle d’entraînement propre à assurer un développement durable ?

Il est un autre mot utilisé et auquel je vais me référer, celui  d immatériel, qui me sied davantage. Différents auteurs y ont eu recours, parmi lesquels André Gorz, qui en  a fait le titre d’un bel ouvrage[2]. Aller un pas plus loin amène à évoquer l’immatérialisme. Ce terme n’est certes pas nouveau, Berkeley en finit abondamment usage et ce rappel, nous allons le voir, est loin d’être neutre.

L’immatérialisme est le sceau de notre temps et comporte deux facettes.  La première se rapporte à l’immatériel de la cognition et aux progrès inouïs amenés par le numérique, en ce qu’il permet un incomparable traitement de l’information. Et c’est bien la révolution technologique numérique qui a induit la vague contemporaine de mondialisation, faisant en sorte que la concurrence internationale fasse rage, non seulement entre les entreprises et les pays, mais au sein de l’entreprise elle-même, comme l’a souligné l’économiste Richard Baldwin[3]. Le mode de production et la supply chain sont ainsi sujets à un intense bouleversement, bien loin d’être achevé, et il en est de même pour la consommation et le retail[4]. Cette même révolution autorise également les plus grandes avancées scientifiques et technologiques, porteuses de progrès économique pour autant qu’elles se concrétisent par de réelles innovations, de mises en mouvement sur le marché.  Le designer Jean-Louis Fréchin fait référence à Shannon et à sa « théorie mathématique de la communication » pour en assoir  les fondements et il a raison[5]. Tout est affaire d’acquisition, production et communication d’information, à une cadence qui n’en finit pas de s’accélérer.

La seconde facette est celle de la perception et fait écho au registre de l’imaginaire et des sens, de la mode et du design, de la communication et du branding, de la culture et de la création. Point de réalité objective et d’accumulation de connaissances ici. On songe à Milan Kundera et à ce qu’il dit de la poésie, qui peut  énoncer une chose mais aussi son contraire avec la même vigueur et émotion. Il n’y a pas de réalité ni de vérité sous-jacente, hormis celle que les sens veulent bien lui accorder. Il s’agit bien d’usage, mais pas seulement, et en tout cas bien au-delà de sa  simple dimension fonctionnaliste. Est-ce par une recherche-développement plus massive qu’Apple a fait tant de tort à Nokia ?  Si contemporain qu’il soit, ce phénomène s’inscrit dans l’histoire, et sa compréhension dans celle de la pensée : la lecture de Berkeley est on ne peut plus d’actualité, au-delà de l’empirisme auquel il est généralement associé lorsqu’est décryptée sa définition de l’immatérialisme ; car si la réalité est un mythe, et si la matière n’existe pas en dehors de la perception qu’elle provoque, celle-ci est avant tout sensorielle.

On peut explorer à loisirs la réalité des innovations et réussites entrepreneuriales contemporaines, toujours se dégagera un usage aussi subtil que résolu de l’immatériel dans au moins l’une de ses deux composantes, et souvent simultanément.

Ajoutons un commentaire en référence à l’actualité. Nul doute que le rapport Gallois soit de qualité et fasse bien avancer les choses, mais il faut garder à l’esprit que l’industrie qu’il nous faut recréer ne ressemblera pas à celle d’antan. Le reshoring est plus que bienvenu, mais il prendra une forme nouvelle, dictée par le management et l’économie de l’immatériel. Il reste à déterminer à quelles conditions l’immatérialisme, qui ne comprend pas le même effet d’entraînement économique que le fordisme, pourra générer croissance durable et emplois, ce qui est un autre et fort vaste sujet. Faire reposer le monde sur la clef de voûte de l’immatériel est aussi incontournable que cela peut apparaître abstrait, c’est en cela que devant nos yeux se manifeste un paradoxe, qu’il nous faudra dépasser.

Il est à cet égard de la plus grande banalité de s’interroger sur la place de l’homme, mais ne pas le faire n’en est pas moins irresponsable. Le paradigme shannonien semble s’éloigner de l’humain, mais évoque cependant l’idée du savoir encyclopédique et nous rappelle en cela l’éducation voulue par Gargantua pour Pantagruel comme la conception rabelaisienne en général. Ce que l’imprimerie rendait possible, le numérique l’accroit au centuple, et tellement plus encore si l’on veut que les mots épousent réellement les faits. Face à l’afflux des connaissances, Montaigne, tout aussi conscient du déluge à venir que de ses dangers, répondit que c’était la manière dont les têtes étaient faites et non pas pleines qui d’abord importait. Ce défi, toujours d’actualité,  ne pourra être relevé à l’avenir que si la soif de cognition comme l’immatériel de la perception continuent d’avoir partie liée avec l’art de vivre et la culture dans son effet stabilisateur, avec le bon sens également. C'est à cette condition que l'immatérialisme, ossature invisible de la vie d’aujourd’hui et encore plus de celle de demain, pourra être considéré comme un humanisme, ne faisant alors qu’actualiser la voie intemporelle et complémentaire, elle aussi immatérielle,  tracée  par l’auteur du Quart livre et par celui des Essais.


[1] Hans-Werner Sinn, Die Basar-Ökonomie : Deutshland : Exportweltmeister oder Schlusslicht?, Ulstein Taschenbuchvlg, 2007.

[2] André Gorz, L’immatériel. Connaissance, valeur et capital, Galilée, 2003.

[3] Richard Baldwin, “Globalisation, the great unbundling(s)”, Chapter 1,  in Globalisation challenges for Europe, Secretariat of the Economic Council, Finnish Prime Minister’s Office, 2006.

[4] A titre d’illustration, l’internet représentait 12% du commerce de détail en Chine en 2010. Ce pourcentage est monté à  30% en 2012, et même à 60% pour ce qui concerne les ordinateurs, téléphones et produits électroniques.

[5] Jean-Louis Fréchin,  « Le temps réel informatique » in TiC 2013, les nouveaux temps réels ; Sociétés, entreprises, individus, comment les TiC changent notre rapport au temps, FYP Editions, 2012.  Claude Shannon, A mathematical theory of communcation, The Bell System Technical Journal, July, October 1948.

FRANCE-ISRAEL 'INNOVATORS NATION' VISIT

Written by the student Virginie MANAC'H

13 MIM students taking the major 'Innovation' at ESCP Europe, went to discover the Israeli 'Silicone Valley' from April 21 to 28 2012. This project is unique: the world of startups and innovation in Israel is booming and this is the first time a group of French students went to visit this area.

As a result, students had a very intensive experience in terms of learning on innovation, human experience and discovery of lesser-known aspects of Israel ...

Who are they?
They are students with very different backgrounds: they are French, Italian, Brazilian, from business or engineer schools with professional experience in finance, industry, or marketing. A great melting pot!

All of them have followed intensive courses on the topic of innovation at ESCP Europe: technological innovation or social management of creativity, project management ...

Among many projects, they worked particularly with Renault on the electric car, Gaz de France on energy in 2030 and with the French Institute of Fashion and L'Oreal. They have chosen to complete their semester with a field trip to have a closer look at how Israel promotes innovation.

What objective?
The objective of this trip is to enable students to approach economic environment and to understand why Israel is able to be so innovative.  The purpose is also to build close business relationships between the two countries by identifying opportunities for joint business and creating contacts. The objective was to visit companies and places focused on innovation, during 4 days: Better Place (electric vehicle), Procter & Gamble House Of Innovation, Technion + TAU (University), the Institute of Weizmann Research, Qualcomm located in MATAM Scientific Industry Center (science center which is home to companies in new technologies) and incubators (NGT and The Hive).

Students also had two days to visit the sociocultural environment of the country (Jerusalem and the Dead Sea).

The key learnings
Israel has a unique ecosystem for innovation: the Government is actively involved in innovation since it invests nearly 5% of its GDP in R&D, twice the average of OECD countries. It also supports innovation through technology incubators where they fund 85% of the selected entrepreneurs' projects. In addition, the state offers tax benefits to companies.

Academic institutions have many brilliant scientists: the students were able to appreciate excellence in terms of high tech research by visiting the University in Haifa, the Technion, where they met students from France and the Nobel Prize for chemistry winner Dan Shechtman. Emphasis was placed on Israel's ability to enhance scientific research.

Cooperation between academic institutions and industry is very important: Israel fosters links between discoveries and marketing. In this sense, the development of Technology Transfer Offices will help scientists to launch their inventions.

The army acts as an incubator for Israeli talents to learn leadership, teamwork and analytical skills, and help develop new technologies. The army fosters the young and high potential by selecting them in elite units, including service technology, and by giving them very quickly extraordinary responsibilities for their young age. At the end, the young members of the army have acquired a network and a confidence in themselves that help them launch innovative projects.

Global thinking: Israel is a small country which is very open to the business world and Israeli companies mainly address foreign markets.  The multiculturalism and the mentality of Israelis seeking to always challenge the status quo, improvise and take risks. A Hebrew word that is often quoted is the word "chutzpah" according to Daniel Rouach (School teacher and director of the Chamber of Commerce Israel-France), this is a mix of "culot", "courage" and "crazy." This mindset is the result of the country's history and religious cement: Israeli people must try and enjoy every day, they must not worry to fail, nothing is impossible.

For details on what students have learned in each company and cultural anecdotes ... See you on the Innovators Nation blog:innovatorsnation.wordpress.com!

The students would like to thank the Chamber of Commerce France - Israël(Paris) and the Chamber of Commerce Israel - France (Tel Aviv), the Institute for Innovation and Competitiveness, Israeli Embassy in Paris and all the partners who hosted them on their headquarters and have given their time,finally Daniel Rouach, Laureen Favier and Yvon Maier for the organization.

Décrypter l’innovation chez Faber Novel

Ecrit par Clément Delangue et Virginie Manac’h, étudiants de l'option Innovation à ESCP Europe. Les étudiants ont suivi une série de cours sur l'innovation sociale. Ils expliquent ici ce qu'ils en ont retenu, ce qui les a marqués ou étonnés.

FaberNovel veut aider les grandes entreprises à penser comme des start-upslogo Faber Novel
FaberNovel se présente comme un « Innovatorarchitect », c’est-à-dire qu’elle associe les technologies, les usages émergents et le design pour aider les grandes entreprises à penser les nouveaux produits, services et expériences de demain.  L’accent est mis sur la volonté de concrétiser et de mettre en pratique une vision.
Pour aider les entreprises dans leur processus d’innovations, FaberNovel propose trois types de services :

  • Formulation de la Stratégie (aider à créer des ponts entre l’innovation et la stratégie de l’entreprise)
  • Prototypage
  • Formation par l’immersion dans des écosystèmes innovants

 

Les neuf commandements de l’innovation

  1. Diversifier les profils. FaberNovel recrute des profils commerciaux, designers, ingénieurs et sciences politiques pour assurer ces différents rôles dans l’entreprise : entrepreneurs, designers, technologues, stratèges et médiateurs. Les différents membres des projets ont insisté sur l’importance de la coopération dans les projets entre les designers, les ingénieurs et les commerciaux. Chaque personne a un rôle important à jouer : les designers  pour le parcours utilisateur, l’esthétique et  les fonctionnalités ; les commerciaux  pour l’analyse du marché, la définition du business model, la médiation et la vente du projet ; les ingénieurs pour le sourcing technologique, la spécification des spécificités techniques, les développements, les tests et les déploiements. De l’idéation au prototypage, la diversité des profils fait la richesse des propositions.
  2. Ne pas se concentrer sur son cœur de métier, rester ouvert. Cette idée, FaberNovel cherche à l’insuffler aux entreprises et pour cela l’applique d’abord à elle-même.  Par exemple, le métier de FaberNovel de création d’application mobile ayant eu un grand succès auprès des clients, il a été décidé de créer un business unit spécifique nommée Applidium. Cela permet de conserver une certaine polyvalence dans les métiers et d’éviter le risque que représente la focalisation sur un type de service ou de technologie.
  3. Rôle du design et être « user centric ». Pour le designer, être « user centric » se traduit par la capacité à répondre au-delà que ce que croit vouloir les gens. Le designer donnait cet exemple : à l’époque des voitures tractées par des chevaux, à la question « comment aller plus vite ? », les gens répondaient « améliorer la nutrition du cheval, améliorer les fers à chevaux sur les sabots, etc… ». Le designer et plus généralement, l’innovateur sont ceux qui par leurs intuitions, leur expertise et leurs convictions arrivent à penser plus loin. Dans notre exemple,proposer de remplacer le cheval par un moteur mécanique… Le designer est orienté « utilisateur ». Le principal objectif est que le produit soit simple, beau et efficace. L’expérience et l’interface utilisateur du produit sont donc pensés en conséquence.
  4. Stimuler le glissement de valeur. Un processus au cœur des compétences proposées par FaberNovel est l’excubation. L’idée est d’identifier des opportunités business au contact avec le client, le projet, l’équipe et l’écosystème de FaberNovel. Ainsi, lors de la visite, un projet a été présenté qui était initialement de « refondre l’interface utilisateur » des clients laboratoires d’une entreprise pharmaceutique pour un produit de contrôle alimentaire et qui au fil de l’avancement du projet s’est élargi pour proposer un nouveau business model avec des services périphériques vendus autour du produit vendu initialement. Et ce pour permettre d’anticiper la disparition du produit du fait de la modernisation technologique du procédé de contrôle.
  5. Prendre des risques. Le fait que l’innovation soit nécessaire n’implique pas que cela soit facile et simple. Par conséquent, une certaine prise de risque doit être assumée que ce soit par FaberNovel ou ses clients. L’exemple parfait est le lancement de Parisoma, qui ne gagnait pas d’argent au début et qui aujourd’hui fonctionne très bien et ouvre beaucoup d’opportunités pour FaberNovel.
  6. Savoir fédérer autour de son innovation. Nos différents interlocuteurs ont insisté sur le fait que la réussite d’un projet d’innovation dépendait beaucoup d’enjeux politiques internes à l’entreprise. Ainsi selon l’interlocuteur et sa position de l’entreprise, selon l’équipe dirigeante, la marge de manœuvre pour proposer des innovations, sera plus ou moins grande. Ainsi le rôle de commercial et médiateur est très important dans la séduction politique en amont. Il faut convaincre et rassurer les personnes qui prennent les décisions dans l’entreprise.
  7. Avoir des convictions. En équipe, travailler avec des personnes qui ont des convictions sur les futurs usages et technologies, est un élément essentiel pour la designer rencontrée. Innover c’est se projeter, c’est « se mouiller ». Le problème c’est que si l’expertise joue un rôle dans la construction des convictions, une autre partie est due à des intuitions, des émotions, du ressenti… Il est très difficile d’améliorer cet aspect par l’expérience.
  8. Anticiper au maximum les problèmes. Mettre en pratique des idées implique plusieurs contraintes. Un élément important est le choix des technologies d’où le rôle crucial des ingénieurs. Un exemple est le cas du projet de réalisation du premier site de couponing en Russie, le choix du terminal nécessitait un code spécial maîtrisé par peu de développeurs. Cela a compliqué la recherche de prestataire. De même un retour de validation est parfois compliqué  du fait de la rigidité du code. D’où la nécessité d’anticiper pour pouvoir proposer des alternatives au client et d’inciter le client à ne pas revenir sur ses décisions, arbitrer le cas échéant.
  9. S’investir à temps plein dans un temps très court. Depuis la phase «définition des enjeux et de la vision » au prototypage, la designer a expliqué qu’elle préférait mettre des contraintes de temps (en général 2 mois). Par exemple, identifier les problèmes en 3 jours de terrain. Générer des idées de solutions en 2 semaines. Donner les spécifications du produiten 2 semaines. Le but : aller à l’essentiel, contrer les inerties des grandes organisations clientes, renforcer l’implication dans le projet  et  stimuler l’imagination.


Des exemples concrets d’innovation de FaberNovel
Dès notre arrivée dans les locaux de l’entreprise, situés rue du faubourg du temple, on a pu ressentir l’ambiance : moyenne d’âge 30 ans, style vestimentaire « à la cool », locaux situés au cœur de Paris… FaberNovel se veut « jeune », « ouverte» et « innovante ». Et cette image est tout de suite traduite par des exemples, nous assistons à leur session #pitchmyproject qui permet aux porteurs de projets de présenter leurs réalisations pour que cela puisse être utile au reste de l’entreprise.

Beo.ru, le premier projet, pitché par Mathilde est une plateforme de couponing développée pour une société Russe à destination des grands distributeurs du pays. L’objectif est de convertir du trafic online en trafic en magasin. Le projet illustre parfaitement la difficulté d’innover dans un pays si différent. Là-bas, Facebook n’est pas le premier réseau social et les technologies doivent être adaptées à l’environnement local. C’est pourquoi la capacité de FaberNovel à créer des écosystèmes afin d’apprendre et comprendre, est primordiale. Il est intéressant de noter que FaberNovel est intervenu à tous les stades du développement de la solution, en faisant l’acteur central et catalyseur de l’innovation.

Parisoma, pitché par Clément, son fondateur est un autre projet emblématique de l’entreprise, même si quelque peu atypique. C’est un espace de co-working situé en plein centre de la Silicon Valley Américaine. Concrètement, les startups peuvent louer un bureau, une partie de l’espace voire l’espace entier pour y travailler ou y organiser des événements. De nombreuses entreprises sont passées par cette espace dont certaines ont aujourd’hui bien progressées comme ScoopIt ou Papaya. Alors que l’espace était l’un des premiers du genre à sa création, on estime qu’il y en a aujourd’hui plusieurs milliers dans le monde. La Mutinerie, située à Paris vient par exemple d’ouvrir il y a quelques jours. L’impact de ce type d’espace sur l’innovation est intéressant à étudier. Tout d’abord on peut dire qu’il facilite l’innovation pour les startups. A l’image des fameux « garages » ou avaient lieu l’innovation il y a quelques années, ces espaces offrent à la fois la praticité et la flexibilité aux entrepreneurs voulant essayer de lancer leur innovation. On peut aussi penser que l’espace de co-working est créateur d’innovation en créant des dynamiques d’échanges et de collaboration entre les travailleurs. Enfin, notamment grâce aux événements organisés avec des entreprises de plus grandes tailles et attirant les media, l’espace permet la diffusion de l’innovation.

Au travers des présentations que nous avons eues sur différents projets (premier site de couponing en Russie, création d’espaces de coworking ParisSoma, projet de véhicules électriques dans Paris, application mobile e-billets smartphones et projet d’excubation dans l’industrie pharmaceutique) ainsi qu’au travers des différents employés que nous avons rencontrés (chef de projet, business developer, fondateur, designer), la recette Fabernovel utilisée pour donner des jambes aux idées des grandes entreprises s’est dessinée petit à petit… Sans livrer pour autant toute la recette magique !
 

Danone Communities & SFR/Emmaüs : des exemples concrets d’innovation sociale

Ecrit par Sophie Marty, Clément Hugon, Camillo Crispino et Ronan Vuillemard, étudiants de l'option Innovation à ESCP Europe. Les étudiants ont suivi une série de cours sur l'innovation sociale. Ils expliquent ici ce qu'ils en ont retenu, ce qui les a marqués ou étonnés.

Danone Communities

http://www.danonecommunities.com/sites/default/files/danone_logo.pngEncore tout chamboulé par l’intervention du directeur du marketing stratégique de GE à propos de la reverse innovation, nous recevons lors de cette troisième séance Natacha, représente de Danone Communities. Cette fois-ci il n’y aura pas de théories mais uniquement des cas concrets. Rappelons tout d’abord la mission du groupe : « apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre d’individus ». Ainsi les dirigeants de Danone sont consicents du monde dans lequel ils vivent et veulent faire évoluer Danone du stade ‘entreprise responsable’ à celui ‘d’entreprise utile’. Le monde est beau me direz-vous ! Mais comment ça marche une entreprise utile ? C’est d’abord un conseil d’administration de Danone Comunities composé de douze membres : des personnalités et des acteurs pionniers du développement. L’histoire, l’engagement personnel ou le parcours professionnel de ces personnes motivent leur implication et leur contribution au projet danone.communities. Toutes ces personnes sont convaincues qu’il y a aujourd’hui une place réelle dans l’économie pour les « business sociaux ».

Mais c’est aussi une entreprise qui croit que ses frontières ne s’arrêtent pas aux portes de ses usines, et qui agit depuis 1972 pourdévelopper des projets sociaux. (NB : Et oui, 1972 ça fait déjà 4 décenniers. De quoi donner une certaine légitimité à Danone).
Danone s’est ainsi doté d’une stratégie simple, en 4 mots :

  • Health : bons pour la santé
  • For All : réduire les couts
  • People
  • Nature : réduire l’impact sur l’environnement

C’est pour répondre à cette stratégie simple et globale que Danone a créé Danone Communities. Et donc Danone Communities c’est quoi ? C’est un fond d’investissement, doté par Danone de 150 millions d’euros et proposant une aide financière au social businesses luttant contre la pauvreté et la malnutrition en France et dans le monde. Mais Danone Communities ne s’arrête pas au financement. Il existe une vrai volonté de cocréation et de suivi des projets. L'histoire de Danone Communities commence en 2005 par la rencontre du Pr.Yunus et de Franck Riboud. Elle s'inscrit dans une démarche d'innovation afin d'accompagner des social businesses à même de répondre à des questions de malnutrition et de pauvreté. Ces entreprises d'un genre nouveau développent des modèles économiques capables de garantir leur autonomie, pour servir durablement leur mission sociale. Sur le terrain, ces projets mobilisent des compétences diverses : la co-construction et l'implication des communautés locales sont au coeur de ces aventures.

Vous l’attendez tous, voici une liste de quelques projets soutenus par Danone Communities :

  • Naandi Community water services
  • 1001 Fontaines
  • La laiterie du berger
  • Isomir

Et parce que le nom nous plait, nous allons etudier l’impact de Danone Communities dans le pojet de 1001 fontaines (notez que ce choix est parfaitement subjectif !)
« 1001 Fontaines pour demain » est une association qui finance l’installation de stations de production d’eau saine, distribuée ensuite en bouteille auprès des populations isolées au Cambodge. Cette initiative, à laquelle s’est associée danone.communities en 2008 répond à un besoin pressant puisque plus de 1,2 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau potable.
L’histoire du projet : créée en 2005, l’association 1001 Fontaines pour demain a pour objectif de fournir de l’eau saine à bas coût à des communautés isolées du Cambodge, via l’installation de stations d’eau accessible.
Et aujourd’hui ? En 2011, 42 villages au Cambodge sont équipés en stations 1001 Fontaines.Entre 60 000 et 80 000 personnes n’y ont accès. Près de 25 000 boivent régulièrement cette eau à bas coût (1c$/L). Le rôle de Danone dans le projet, outre son investissement financier à hauteur d’une dizaine de milliers d’euros, est d’apporter la compétence de ses équipes en matière de production et de distribution d’eau de boisson.

SFR et Emmaüs Défihttp://www.sfr.com/sites/all/themes/sfr/img/logoSFR.png

5ème et dernière séance d’innovation sociale. Aujourd’hui nous recevons des intervenants de SFR et d’Emmaüs Défi pour nous parler de leur projet commun. Ce ne sera ni une présentation de la théorie BoP, ni de celle de la Reverse Innovation. Emmaüs et l’opérateur de téléphonie mobile français SFR ont lancé très récemment à Paris une opération pilote d’accompagnement de personnes en grande difficulté comprenant une aide pédagogique à l’utilisation du téléphone mobile, une offre de téléphonie mobile solidaire et un accompagnement social adapté.
« La pauvreté ne se gère pas, elle se combat »
Emmaüs est une communauté d’associations et d’entreprises luttant pour l’hébergement, le surendettement, l’économie solidaire et insertion. Après la crise du canal Saint Martin, Martin Hirsch créa la structure d’Emmaüs Défi afin de proposer des solutions de réinsertion aux personnes en difficulté. Aujourd’hui, c’est près de 70 personnes employées en insertion.
Comment Emmaüs et SFR en sont venus à travailler ensemble sur la téléphonie solidaire ? SFR est un partenaire d’Emmaüs depuis plusieurs années déjà. Ils ont développé ensemble plusieurs évènements solidaires comme « super noël ». C’est ainsi que Emmaüs Défi rencontra SFR en décembre 2009 pour repenser la téléphonie comme outil d’insertion. C’est main dans la main qu’ils lancent une première expérimentation en trois parties avec des assistantes sociales :

  • La téléphonie solidaire (des mobiles et des forfaits accessibles)
  • De la pédagogie, de laccompagnement et de la médiation
  • Un accompagnement social

Le programme de téléphonie solidaire est offert pendant un temps limité pour éviter l’assistanat.
Avant d’accéder à la téléphonie solidaire :

  • 80% possèdent un téléphone mobile
  • 18% possèdent un téléphone fixe
  • 88% utilisent des cartes prépayées
  • Plus de 50% appelent à l’étranger
  • 66% téléphonent moins d’une heure par mois
  • Le budget mensuel de la téléphonie s’élève à 28€
  • 70% consacrent plus de 5% de leur ressources dans les telecoms.

Aujourd’hui, c’est près de 1500 personnes qui bénéficient de ce programme, plus de 100 structures prescriptices, 6 emplois, 15 bénévoles, 10 employés en insertion, 16400 heures de communication vendues à prix solidaire. On peut dire que la téléphonie a réussi à se déployer. Mais ce n’est pas tout : les etudes sociologiques sont favorables au programme, la presse commence à en parler, et une médiation sociale a été mise en place entre SFR, Orange, Bouygues,… Enfin, ce projet étant aussi celui d’une entreprise, il faut savoir que la téléphonie solidaire est portée par tous les collaborateurs de SFR.

Conclusion
A travers ces deux exemples, nous nous rendons bien compte du mouvement qui en train de se développer dans les grandes entreprises françaises de s'intéresser à leur environnement et d'essayer de proposer de nouvelles solutions pour améliorer socialement leur écosystème. Malgré les réticences de certains au début des deux interventions sur les motivations réelles de ce type de projet, il semble plus clair pour nous aujourd'hui que Danone et SFR veulent réellement améliorer la vie de leurs utilisateurs, partenaires, fournisseurs... SFR en est l'exemple parfait car le groupe n'a toujours pas fait de publicité sur cette initiative. Espérons donc que d'autres grands groupes prennent la même direction et que d'autres projets de ce type voient le jour dans les années à venir !
 

Brainstorming sur des business models socialement innovants, avec MakeSense

Ecrit par Shannon Renaudeau, étudiante de l'option Innovation à ESCP Europe. Les étudiants ont suivi une série de cours sur l'innovation sociale. Ils expliquent ici ce qu'ils en ont retenu, ce qui les a marqués ou étonnés.

Une session pas comme les autres
La journée commence par une division de la classe en 2 groupes pour des sessions « hold-up » sur deux sujets différents.
Un groupe part dans une autre salle pour réfléchir à des problèmes de pérennisation d’une association promouvant l’échange de savoir à Montréal : E-180.
L’autre groupe pense aux problématiques de financement d’un site de don : Recupe.net

Un bon petit hold-up pour commencer la journée
Qu’est-ce qu’un « hold-up » ? Marine dans une salle, Leila dans l’autre, commencent par nous expliquer les tenants et aboutissants du « hold-up » pédagogique. Un hold-up est une méthode pédagogique qui met les participants en conditions de réflexion rapide. Tout d’abord, elle va nous exposer le cas sur lequel on se penchera pendant un peu plus d’une heure. On établira ensuite les problématiques auxquelles on cherchera des réponses. Une fois le tableau dressé, il s’agira de répondre aux questions de Marine, qui nous demandera une suite de réponses qui s’inscriront dans des listes. Il faudra répondre vite ; plus les réponses sont originales, mieux ce sera. Chaque réponse devra être énoncée à haute voix puis notée sur un post-it qui sera ensuite placardé sur la table autour de laquelle se trouvent tous les participants. Il ne devra y avoir aucun jugement quant aux réponses proposées – comme le veut la formule, « il n’y a pas de mauvaise réponse ». Cette multitude de réponses devrait nous permettre par la suite de trouver une solution aux problématiques plus générales de l’association que l’on aide.

Le « hold-up » de E-180http://www.e-180.com/static/images/logo.png
E-180 est une plateforme en ligne qui met en réseau des internautes pour leur permettre d’échanger entre eux leurs connaissances. Présente principalement à Montréal pour l’instant et uniquement en version bêta, ce site met en relation des « offreurs » et des « demandeurs » en fonction de leurs centres d’intérêt communs. Une fois les associations faites, les internautes se donnent rendez-vous dans un lieu pour « partager des connaissances en personne ».
Quelles problématiques pour E-180 ?
Cette plateforme fonctionne aujourd’hui sur un business model bancal, ou tout du moins, peu rentable financièrement. Les offreurs et demandeurs ne sont paient pas l’accès au site, comme le souhaitent les créateurs du site. Or aujourd’hui, forts du succès du site et de son concept, Christine et associés cherchent à pérenniser leur modèle pour permettre sa survie et son expansion – toujours en restant un service gratuit. Comment valoriser les données clients du site sans les vendre à un tiers (autre principe fondateur du site) ?
Le hold-up
Après une session Skype so chic avec Christine, en direct live de Montréal, qui nous a expliqué les enjeux de leur plateforme et quels sont les principes du projet, Marine a repris les rennes et nous a tout de suite plongés dans l’ambiance « hold-up ».
« Qu’est-ce qu’on fait le matin pour se réveiller ? On prend une douche », nous dit-elle, bien réveillée. Et nous voilà tous les 6, debout, à mimer une douche énergétique pour se réveiller.
Une fois que nous sommes « bien réveillés », on peut y aller. On s’assied autour d’une table et déblatérons réponse sur réponse alors que Marine nous demande des listes aux sujets aussi larges que :
- Comment améliorer les relations entre professeurs et étudiants ?
- Quels exemples de services ajoutés dans un site internet ?
Petit à petit, les questions se rapprochent de plus en plus du sujet, mais nous continuons notre manière de faire.
Des propositions vidéo
A l’issue de vingt minutes de questions-réponses, il nous faut trier toutes les réponses en 3 catégories de notre choix. Nous avons « valeurs », « clients », « service ajouté ». En binômes, nous choisissons ensuite trois post-its de chaque catégorie pour formaliser nos solutions proposées.
Enfin, nous réalisons une petite vidéo grâce à des dessins plus conceptuels qu’esthétiques exposant notre proposition de business modèles. Marine se chargera de transmettre les propositions sous forme de vidéos à Christine et de nous faire un feed-back par la suite.

Le « hold-up » de Recupe.net
Consommation raisonnée et développement durable
Présentation du sitehttp://www.recupe.net/logo-recupe-accueil.gif
« De nombreux vieux objets, cassés, usagés ou inutilisés finissent à la poubelle, malgré l'intérêt qu'ils pourraient représenter pour quelqu'un, faute de savoir à qui donner. Le site RECUPE est un site de dons, de récupération, de brocante gratuite où chacun peut proposer et donner sur internet, plutôt que jeter ce dont il veut se débarrasser. Recupe.net n'est pas un site d'aide à la vente ou d'échange (de tels sites existent déjà), mais un site de don : il doit rester un lieu de partage où chacun peut trouver des objets de récupération gratuits.»
Hold-up
Ce site existe depuis 10 ans, grâce à l’aide d’une dizaine de bénévoles et de son fondateur Denis. Il nous a expliqué qu’il est en train de décider son avenir : D’ou créer les revenus nécessaires pour permettre de rénover et améliorer le site, et rémunérer, même modestement, les bénévoles ?
Nous avons suivi le processus de hold-up déjà décrit dans la première partie, mais sur Recupe.net. Pour nous stimuler, Leila nous a posé des questions parfois bizarres, comme « comment générer des revenus de façon illégale ? ».
Nous avons bientôt pu regrouper nos idées du brainstorming en trois grandes thématiques :
- les clients payants
- la publicité (qui doit être éco-responsable)
- les événements et partenariats
La classe est été partie en trois petits groupes et chacun devait développer une thématique pour proposer enfin une solution concrète à l’entrepreneur. Giovanni a travaillé sur le premier sujet et son groupe a pensé à un système pour faire payer les gens qui prennent des choses sur Recupe.net, a moins qu’ils n’aient accumulé des crédits en ayant fait le don d’objets auparavant ; l’objectif était de maintenir l’esprit du site avec la garantie d’un bon équilibre entre donner et recevoir, pour éviter la spéculation. Donc le groupe a aussi pensé qu’il serait indispensable d’enregistrer les utilisateurs pour pouvoir les identifier.
Enfin, nous avons bien structuré ces idées et nous avons crée une vidéo pour les présenter.
Tous la mâtiné s’est très bien passée et a été très intéressante ; la possibilité de travailler en petits groupes a facilité notre créativité et a nous aidés a avoir des solutions intéressant à proposer ; la structure claire du processus a garanti de bons résultats et nous pourrons l’utiliser à nouveau.

 

Makesense
Marie and Leila are full time employees of Makesense, a young enterprise cofounded by two ESCP alumni. Besides the hold-ups we participated, Makesense also proposes other simple and quick ways so regular people can help the world to become a better place.  With over 200 “gangsters” around the world, Makesense find solutions to social entrepreneurs by connecting them to individuals ready to take up their challenges. Gangsters are volunteers who foster Makesense by making partnership with local social entrepreneurs worldwide. Among other things, it empowers anyone in the world to help a social entrepreneur in remote locations like Guadalupe - or anywhere else. Basically, Maksense provides a platform where social entrepreneurs list their needs, like building their website or increasing traffic to their website and so people can help these social entrepreneurs from home, using the skills the skills they already have. It sounds amazing, doesn’t it!? For more information, contact Makesense or MaevaTordo.
Makesense was founded in 2009 and we believe it is a shame that their webpage is not as professional and user-friendly as it could be. Although the content is very relevant the format needs to improve.
Highlits of Makesense Manifesto

  • Social Mission: Our main objective is to boost the impact of social entrepreneurs by connecting them with supercool individuals and enabling them to take up the challenges. In addition, and in order to sustain their social impact, we promote the concept of social business.
  • Global Community: Anywhere there is an issue in our society, we will be! We are a global community of happy activists with an impact on a local scale.
  • Open Project: MakeSense is not a startup, it is a movement! It is defined as an open project, meaning it is not owned by anyone, but open to everyone.
  • Upload: Stop downloading, start uploading! Contribute, collaborate, share! The most we share and with the most people, the better off we are as a whole.
  • Innovation: Only by combining people, technology and creative thinking, we will find the most innovative solutions to the world problems. Only by experimenting, trying and failing, we will solve them.
  • Fun: And last but not least, we do all the above with a big smile and lots of fun!


Our lessons
We hope that what we will take for the rest of our lives from this session is the basics of how to brainstorm effectively. We, as innovators, are “forced” to brainstorm daily. The hold-up taught us some clear guidances on how to brainstorm effectively. Naturally, we heard what we already knew, the usual: don’t block any ideas and let the ideas flow free and don’t criticize your peers’ ideas. However, what was more important was 1st) the focus on building in each others ideas. The intervenient was consistently challenging us to follow up with the ideas of our colleagues and start from there, 2nd) the abrupt changes the intervenient made to enhance out of the boxideas 3rd) the clear focus on quantity not quality of the ideas. If, all the brainstorming sessions we participate from now on follow these clear guidelines, we are sure they will be much more effective and productive. Besides, learning about innovative business out there, we are very thankful to master an effective way of brainstorming.

« Reverse innovation », ou comment innover local pour vendre global

Ecrit par Sophie Marty, étudiante de l'option Innovation à ESCP Europe. Les étudiants ont suivi une série de cours sur l'innovation sociale. Ils expliquent ici ce qu'ils en ont retenu, ce qui les a marqués ou étonnés.

http://www.ge.com/images/common/ge_logo_imagination_at_work.jpgLorsque l’on vous parle marchés émergents, vous pensez réduction de coûts, exportation, produits bas de gamme ? Et bien, vous n’êtes déjà plus dans le coup. C’est Dario Liguti, directeur de la stratégie Marketing chez General Electric qui nous l’explique au travers du sujet de la reverse innovation. GE a été fondée par Tomas Edison sur une idée et est aujourd’hui l’une des plus grandes entreprises au monde : 300 000 employés et 150 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Mais c’est aussi l’une des entreprises les plus innovantes. Sur l’emplacement exact de l’ancien laboratoire d’Edison, plus de 3000 chercheurs travaillent aujourd’hui avec plus de 1500 techniciens dans ce qui est l’un des plus grands laboratoires au monde. On y a notamment inventé la première télévision et de nombreux prix Nobel en sont sortis.

Cependant, si les Etat-Unis ont longtemps été le centre névralgique de l’innovation de l’entreprise, reflétant ainsi un monde dominé par les centres technologiques des pays développés, ce n’est plus le cas. Tout d’abord parce que le processus linéaire qui consistait à développer des produits dans les centres de recherches à destination des pays émergents s’est révélé inefficace. L’exemple de la voiture développée en Europe pour le marché indien en est un parfait exemple. Pour réduire les coûts afin de pouvoir cibler les consommateurs indiens au pouvoir d’achat plus faible, les constructeurs ont décidé de ne mettre des vitres électriques qu’à l’avant, les laissant manuelles à l’arrière. C’était sans compter sur le fait qu’en Inde, les consommateurs pouvant s’offrir une voiture ont aussi un chauffeur, et s’installent donc à l’arrière du véhicule. Les vitres manuelles de l’arrière du véhicule ont donc été considérées comme un inconvénient majeur tandis que les vitres électriques de l’avant ne servaient qu’au chauffeur, participant à faire de ce projet un échec.

C’est sur ce constat, que l’innovation a besoin d’être locale pour servir les besoins et spécificités d’un marché, partagé par plus de 70% des personnes interrogées, que s’est créé le concept de « reverse innovation ». Comme son nom l’indique, c’est un renversement des dynamiques évoquées précédemment. Ce sont donc les processus qui consistent à produire les innovations localement dans les pays émergents pour ensuite éventuellement les introduire et les adapter aux marchés plus matures. Cela peut nous faire penser aux processus bottom-up d’innovation. Cela permet ainsi de répondre aux besoins réels de la population sur les marchés émergents, et non pas seulement ceux de la classe moyenne ou favorisée dont le pouvoir d’achat se rapproche de ceux des consommateurs des pays développés. Cette nouvelle forme d’innover est de plus en plus pertinente avec la réduction des barrières à l’entrée sur ces marchés émergents et les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Finalement, plutôt que de considérer le monde comme uniforme, ne différenciant les consommateurs que par leur pouvoir d’achat, ces nouvelles pratiques remettent à l’honneur la complémentarité des marchés internationaux en termes d’innovation. Par exemple, dans les pays émergents, le développement des infrastructures est une priorité au contraire des pays développés, permettant à des modèles d’affaires originaux d’être mis en place. Le fait que le micro-crédit aient été inventé au Bangladesh et aujourd’hui développé dans le monde entier, dont en France avec l’ADIE démontre toute la pertinence de la reverse innovation. Et nous sommes loin d’avoir exploité tout le potentiel de cette nouvelle façon d’innover. Espérons que General Electric, aujourd’hui pionnier, fasse des émules, pour le bien de l’innovation en général.

Visite de La Ruche : la naissance d'un nouvel éco-système

Ecrit par Clara Sgard, Carole Rossetti, Virginie Manac’h et Grégory Elensky, étudiants de l'option Innovation à ESCP Europe. Les étudiants ont suivi une série de cours sur l'innovation sociale. Ils expliquent ici ce qu'ils en ont retenu, ce qui les a marqués ou étonnés.

Cette journée printanière ensoleillée semble idéale pour visiter La Ruche, sur les bords du canal Saint Martin. Les abeilles de La Ruche ne sont pas celles que l'on attend. En effet, la Ruche est un espace collectif destiné à l'innovation sociale et plus particulièrement aux entrepreneurs qui proposent des solutions à des besoins sociaux.
Pour notre première séance d’Innovation Sociale, la majeure Innovation d’ESCP Europe pénètre donc dans cette ruche hors normes.  A peine arrivés, on nous demande de faire le tour des lieux et de donner notre ressenti.

Résultat sur les premières impressions à La Ruche :

La RucheA quoi me font penser les locaux de “La Ruche” ?

  • calme, peaceful
  • je sens que j’ai mon propre espace
  • chaleureux, zen, nature
  • un repère d’écolos
  • cela me fait penser à maison du monde/Nature&Découverte
  • une agence de design éco-durable
  • me fait penser à des boîtes en carton, à une maison en carton
  • un restaurant dans la campagne
  • un grenier
  • une maison en carton
  • une école maternelle
  • un appartement


Où cet endroit me transporte-t-il ?

  • je me sens en Amérique latine. Dans une ferme chez mes parents, impression d’espace
  • ça me transporte dans la forêt
  • un cocon
  • une cabane dans la forêt suédoise
  • j’ai l’impression d’être dans les coulisses d’un théâtre
  • coin de “campagne” dans la cité
  • province
  • un endroit zen en dehors de Paris
  • les coulisses d’un théâtre (plein d’objets hétéroclites, des gens qui travaillent sur leur projet, des pièces dans tous les sens)
  • un parcours accrobranche

Bref, l’espace est très nature, aéré pour Paris. Il fait aussi penser à un cocon protecteur. Finalement, il exprime un bouillonnement d’idées, c’est un peu le grenier aux trésors !
On peut se demander pourquoi s’intéresser aux locaux de cette entreprise, la réponse réside dans la mission de cette entreprise sociale qui est de créer un environnement de stimulation mutuelle et de collaboration pour les entrepreneurs qui innovent dans le social et cherchent l’appui d’autres entrepreneurs sociaux (échanges d’expériences mutuelles) pour monter et développer leur projet. L'environnement de la Ruche se veut donc être propice à l'éveil. Pour les entrepreneurs qui s'y aventurent, cet environnement les conforte dans leur demande de rupture. L'espace de travail est organisé en open space, pour favoriser la culture de partage, avec des salles de réunion pour accueillir les différentes parties prenantes d'un projet d'innovation sociale.

Pour rappel, l’innovation sociale est la mise en place de nouvelles solutions pour répondre aux besoins et problèmes sociaux. Ces nouvelles solutions doivent être plus efficaces, plus performantes ou plus justes que les solutions existantes. L’innovation sociale possède trois dimensions : nouveauté, amélioration et création de valeur sociale. En effet, le but est de créer de la valeur plus pour la société dans son ensemble (les différentes parties prenantes) que pour ses intérêts privés.
Dans la conférence qui a suivi l’introduction à l’entreprise La Ruche, Amandine Barthélémy a mis l’accent sur la naissance d’un écosystème, c’est-à-dire à une collaboration grandissante entre les différents acteurs concernés par l’innovation sociale : entreprise classique socialement responsable, coopératives, mutuelles, associations, syndicats et acteurs publics.

La Ruche
L’entreprise La Ruche s’inscrit dans cette logique d’écosystème qui fait partie des initiatives sociales créées actuellement. Si on peut innover en proposant un nouveau management au sein de l’entreprise (ex : Sic Chèques Déjeuners) ou en proposant de nouveaux produits ou services et manière de produire (ex : Alter Eco), il est aussi possible d’innover dans l’accompagnement de cette nébuleuse d’initiatives sociales. C’est ce que fait l’entreprise La Ruche en stimulant l’innovation sociale en facilitant la rencontre des différents acteurs (entrepreneurs privés, acteurs publics, entreprises socialement responsables…). Cette dimension « accompagnement des acteurs de l’innovation sociale » concerne aussi  des acteurs dont le rôle est de financer, évaluer l’impact social et la stimuler au travers de nouvelles alliances.
Pour stimuler la motivation des entrepreneurs sociaux et les guider dans les grands problèmes à résoudre aujourd’hui, le Mouvement des Entrepreneurs Sociaux (Mouves) à l’aide de TNS SOFRES publie depuis 2010 un baromètre des priorités sociales des Français. Cette étude montre les grandes préoccupations des français comme par exemple “pouvoir prendre en charge un proche en situation de dépendance” ou “s’exprimer et participer à la vie citoyenne et publique” qui sont ressorties plus souvent que les autres. Les résultats complets de l’étude sont à lire ici.
Pour beaucoup d’entre nous c’était le premier contact avec le concept d’innovation sociale. Nous avons retenus l’intérêt immense de tous les innovateurs et entrepreneurs sociaux pour notre société.Cela nous a également permis de comprendre le rôle d’une entreprise au delà de la création de valeur pour ses employés et actionnaires.
Par ailleurs, nous avons compris que l’innovation sociale peut prendre des formes très différentes. Sociale. Pour ceux qui sont intéressés par la création d’entreprises sociales ou les initiatives sociales dans les entreprises classiques dans lesquelles nous travaillerons, nous serons à même d’envisager les différentes formes d’innovations sociales possibles. Cette présentation a été un point de départ pour un bon nombre d’entre nous dans la sensibilisation au rôle des entreprises dans le développement durable, vis-à-vis de son écosystème au sens très large.
Finalement, dans les prochaines séances sur l’innovation sociale, nous allons voir des cas plus concrets d’entreprises sociales ou projets sociaux au sein de grandes entreprises comme Veolia, Danone et autres.

 

Big Picture : présentation des projets de création

Ecrit par les étudiants de l'option Innovation à ESCP Europe. Le séminaire Big Picture, conçu et réalisé en commun avec l’IFM (Institut Français de la Mode) et L'Oréal, cherche à faire développer un objet de création représentant l’époque dans laquelle nous vivons. En un temps très limité (4 jours et 3 nuits), huit groupes d'étudiants ont dû livrer leur vision du « bien-être » sous la forme d’une vidéo, qui a été évaluée par un comité de créateurs, de designers et de spécialistes de l'innovation.

le jury - projet Big Picture ESCP EuropeLe séminaire Big Picture est un projet de création d’une semaine que nous avons réalisé en collaboration avec des étudiants de l’Institut Français de la Mode (IFM). La mission était de réaliser une oeuvre sous forme d’un film de 2 à 3 minutes en groupe de 5 personnes, 3 étudiants de l’IFM et 2 de ESCP Europe. L’objectif de ce travail était de faire rencontrer des profils divers et apprendre à travailler ensemble sur un projet innovant, créatif et sous une forte contrainte de temps. A la fin de la semaine un film a été élu gagnant par un jury spécial de professionnels dans les industries de l’image, de l’art, du marketing et de l’innovation, présidé par Jérôme Delormas, directeur général et artistique de la Gaîté Lyrique.  

Pendant les semaines qui ont précédé le séminaire nous avons suivi plusieurs conférences de professionnels du luxe, de l’image et du marketing pour nous initier à cet exercice de la création. Nous avons eu la chance de suivre une conférence avec Eric Tong Cuong sur la direction de la création et la production, une conférence avec Christina Parma de L’Oréal sur la culture de l'écart dans le luxe, ainsi qu’un atelier photo et video par Philippe Terrier Hermann. Toutes les conférences et le séminaire se sont déroulés dans les locaux de l’IFM. Nous avons été accueilli formidablement bien dans cet établissement, que ça soit par les étudiants, les professeurs ou l’administration de l’école. De plus, les qualités esthétiques du lieu qui borde La Seine ont contribué à nous mettre très à l’aise.

Le jeudi 22 mars au soir le séminaire était lancé. Nous avons était divisés dans des équipes et on nous a distribué un brief du projet. Notre mission pour mercredi soir, soit une semaine plus tard, était de créer un film de 2 à 3 minutes sur le thème du bien-être.
Ce sujet nous a d’abord paru très vague et ensuite plutôt intéressant pour essayer d’exprimer une vision personnelle du bien-être, pour nous, jeunes étudiants à Paris en 2012. Une équipe professionnelle nous a aidé pour le tournage des images. Notre travail était de créer un scénario et faire le montage ensuite.

Le premier challenge était de faire connaissance avec les étudiants de l’IFM et s’entendre rapidement sur ce qu’est le bien-être pour nous. C'était un double challenge car avoir une vision claire et personnelle du bien-être est difficile en soi, mais en plus ici, il fallait qu’on croise nos points de vues dans une équipe de 5 personnes et avec des profils très différents. Dans certains groupes une personnalité forte a pris rapidement le dessus et ses idées ont été adoptées. Dans d’autres groupes, les échanges ont duré plus longtemps car aucune vision commune n’a été créée. Mais, la contrainte de temps a obligé tout le monde de trancher et créer rapidement un scénario.
Ce travail de créativité a sorti tous les étudiants de ESCP Europe de leur zone de confort. Pour la grande majorité c'était une première fois. C'était donc très difficile de trouver sa place et légitimité au sein du groupe. En parallèle, les étudiants IFM avaient plus l’habitude de ce type d’exercices. Dans plusieurs équipes la création d’idées et l'exécution ont été dirigées par les IFM. Ce déséquilibre a été renforcé par le fait que le projet s’est déroulé dans les locaux de l’IFM. Les étudiants ESCP Europe n'étaient pas dans des conditions faciles pour faire entendre leurs idées et il fallait s’adapter rapidement.

Malgré ce déséquilibre entre les étudiants ESCP et IFM, la réalisation des projets s’est déroulé de façon fluide et le film de chaque équipe était très original et créatif. Vous pouvez voir les 8 films en cliquant ici. Le jeudi matin 29 mars, le jury s’est réuni pour élire le meilleur film. Le vainqueur a été “2min30 d'hémorragie”. Un coup de cœur du jury a été également annoncé pour le film “Palingénésie”.

projection des films - projet Big Picture IFM ESCP EuropeQue peut-on en tirer pour nos études sur l’innovation ? Premièrement, cette expérience nous a sensibilisé sur le travail en équipe avec des profils très différents du nôtre. Nous avons appris qu’avant tout travail il est important de créer des liens de confiance et se connaître le plus possible pour éviter des malentendus ensuite. Deuxièmement, le travail de créativité est un travail délicat où la censure doit être proscrite. Au début, toutes les idées sont bonnes à prendre mais il faut également mettre en place un processus de sélection des meilleures idées. Dans plusieurs cas, c’est le caractère le plus fort qui arrive à faire accepter son avis et ne laisse pas la place pour les autres. Cela peut nuire à la motivation du reste du groupe et sa créativité. Enfin, ce projet nous a forcé de sortir de notre zone de confort, gérer le flou et le doute qui entoure tout projet de création avec une forte contrainte de temps. Nous avons appris à faire confiance en nos capacités et faire confiance en l’autre dans le travail d'équipe. Nous avons également vécu le travail d’une équipe diverse dans un projet qui nécessite de la créativité et de l’innovation. Nous n’aurions certainement pas créé des films aussi créatifs si nous n’avions pas travaillé en collaboration avec des profils différents de nous. Dans les échanges avec l’autre, des nouvelles idées apparaissent. Pour conclure, c'était une expérience enrichissante, créative et originale pendant laquelle nous avons tous eu des difficultés mais que nous avons apprécié en voyant le fruit de notre travail, les 8 films Big Picture de la session 2012.

                                                                  

Big Picture : atelier photo-vidéo avec l'artiste Philippe Terrier-Hermann

Ecrit par Shannon Renaudeau et Ronan Vuillemard, étudiants de l'option Innovation à ESCP Europe. Le séminaire Big Picture, conçu et réalisé en commun avec l’IFM (Institut Français de la Mode) et L'Oréal, cherche à faire développer un objet de création représentant l’époque dans laquelle nous vivons. En un temps très limité (4 jours et 3 nuits), huit groupes d'étudiants ont dû livrer leur vision du « bien-être » sous la forme d’une vidéo, qui a été évaluée par un comité de créateurs, de designers et de spécialistes de l'innovation.

Soleil de plomb aidant, c’est avec un grand sourire que nous, les étudiants en commerce de notre chère et tendre ESCP, débarquons sur les quais de la Seine à l’IFM. Il fait beau, il fait chaud, on vient pour un « atelier photo-vidéo » qui va nous changer les idées, on va rencontrer plein de futurs nouveaux supers amis – on est contents et 2 motivés. C’est parti. Nous arrivons donc, pimpants et bouillants, dans la salle 2.1 des locaux designs et branchés du 36 quai d’Austerlitz. On s’installe, sortons gadgets et ordis et nous sommes fins prêts pour apprendre tout plein de choses...

Institut français de la mode

Le brief : livrez votre vision du « bien-être » sous la forme d’une vidéo de 2 à 3 minutes avec un texte d’accompagnement

Françoise Sackrider, Lucas Delattre et notre Julie Fabbri à nous viennent accompagnés de Philippe Terrier-Hermann, artiste, photographe et réalisateur. C’est lui qui animera l’atelier photo vidéo mais il va surtout nous encadrer pour le tournage de notre projet « Big Picture ».
Il s’agit donc de tourner, monter et rendre une vidéo de 2 à 3 minutes qui transcrit notre vision du « bien-être ». Nous devons commencer à réfléchir au projet ce soir ; nous commençons le tournage lundi et devons rendre le projet mercredi à 14h. On nous communique les horaires de la semaine prochaine : de 8h à minuit pendant 2 jours, nous
vivons, pensons, respirons « bien-être » et « Big Picture ». Un autre impératif important à noter est celui de l’authenticité du film : l’image, le son et le texte seront entièrement originaux, conçus et réalisés par nous.

La répartition des groupes de travail

Le moment tant attendu est enfin arrivé ! Nous allons enfin découvrir le trinôme de l’IFM qui nous accompagnera pendant les 5 jours du projet. Le hasard faisant bien les
choses (du moins pour nous), c’est avec un plaisir partagé que nous nous rencontrons et assistons à la conférence de Philippe Terrier-Hermann.

Le fameux « Less is more »

Et c’est parti pour une séance d’introduction au cinéma sur la thématique du bien-être !
Le premier extrait est tiré du film Un Déjeuner sur l’Herbe de Jean Renoir, fils du peintre Auguste Renoir. L’œuvre se lit en référence à l’illustre peintre et a été tournée dans la résidence familiale en Province. Le film se distingue par l’utilisation de plans fixes pendant de longues minutes, laissant l’image parler d’elle-même. Le deuxième extrait provient d’une œuvre de Margueritte Duras, India Song. Tout y est plus calme, plus posé et la bande son joue un rôle crucial en transportant le spectateur. Le troisième extrait est déboussolant. Le réalisateur de Sea side Hotel a choisi de filmer un hôtel japonais en ruine, une voix off lisant la brochure de ce dernier. On continue avec le quatrième extrait de Cristelle Lheureux. Un court métrage dont l’unique plan consiste à filmer un jeune homme endormi contre un arbre tandis qu’une voix off raconte les atrocités d’Hiroshima...
Allez, le cinquième extrait ! Un film de Philippe Terrier Hermann : la Dérive, immédiatement suivi de The American Tetralogy. C’est un film de recueil de photographies imaginées comme étant de plateau, avec des acteurs aussi connus que la belle Sharon Stone. Le tout sur un décor Los Angeles-ien… Sympa ! L’artiste nous apprend tout plein de techniques et de concepts relatifs à notre projet… Ça prend des notes à tout va. « Il n’y a plus qu’à… »

Emploi du temps du 21 mars 2012 :
17h30 Arrivée des étudiants à l’IFM
17h30-18h00 Présentation de la séance et du projet « Big Picture »
18h00-­18h30 Répartition entre groupes et présentation des étudiants entre eux
18h30-­20h30 Conférence animée par Philippe Terrier-Hermann
20h30-­21h00 Pause dîner
20h30-­21h00 Réflexions en groupes sur les projets

 

Philippe Terrier-Hermann

Philippe Terrier-Hermann, artiste, photographe, réalisateur
La dérive, 2009
An AmericanTetralogy, 2012

Né en 1970, Philippe Terrier-Hermann a d’abord étudié la photographie à la School of Arts Institute of Chicago avant d’exposer ses premiers travaux à Amsterdam. De succès en succès, l’artiste parcourt le monde pour exposer ses œuvres, soient-elles photographiques, cinématographiques ou architecturales.
Alors que son dernier long métrage était diffusé au centre Pompidou de Paris au cours de l’exposition « hors piste », il est gentiment venu partager son expérience avec nous et parler de réalisation conceptuelle sur le thème de notre projet, le « bien-être ».

13 Tips to Enhance Creativity, with Eric Tong Cuong from La Chose

Ecrit par Ricardo Geromel, étudiant de l'option Innovation à ESCP Europe et d'origine brésilienne. Le séminaire Big Picture, conçu et réalisé en commun avec l’IFM (Institut Français de la Mode) et L'Oréal, cherche à faire développer un objet de création représentant l’époque dans laquelle nous vivons. En un temps très limité (4 jours et 3 nuits), huit groupes d'étudiants ont dû livrer leur vision du « bien-être » sous la forme d’une vidéo, qui a été évaluée par un comité de créateurs, de designers et de spécialistes de l'innovation. Les étudiants ont suivi plusieurs conférences en amont de ce projet, dont une animée par Eric Tong Cuong.

https://si0.twimg.com/profile_images/1675647615/Capture_d__cran_2011-12-05___19.04.32_reasonably_small.pngEric Tong Cuong is first and foremost, a good speaker. The current president of La Chose, is well-known in the French artistic scene, he is very active online (@erictongcuong), and was described by Les Echos as « l'enfant terrible de la publicité » Mr. Tong Cuong didn’t have much time to share all his knowledge so he was speeding up and showing us many different concepts often backed up by brief videos. His approach was to talk about the theory and show examples with brief videos. Rather than just speaking as in a conference or writing as in a classroom, Eric engaged the audience with a more entertaining method. We left the 2:30 hours long « atélier » wishing that most of the courses we have experienced throughout our lives were as fun -but yet full of information- as this one.

Eric Tong Cuong worked in many of the videos he showed us. He has been in this industry for a long time. He is the Former General Director of BDDP, Founder of BETC Euro RSCG, and Former President of EMI. This extensive experience brings not only credibility but also a lot of different little stories that grabbed our attention and enriched the conference

I have decided to take a very didactical approach to this post: I organized the points Eric Tong Cuong covered on bullet points placing the ones I considered the most interesting on the top.  Since one of Eric’s main points is that diversity is essential to creativity, I have decided to write this post in Franglish (half in English and half in French).

I hope you enjoy it as much as we enjoyed the conference:

  • Break Routine to increase creativity

"il faut casser la routine". In one of his jobs, Eric used to drink wisky to break routine and let creaitivity flow. (I wish all companies had at least a day of « increase creativity -12 years old Scotch)

  • Think differently

See Apple ad « 1984 » and BMW ad : Madonna video with Cliver Owen (directed by Guy Ritchie), 12 mi $ cost and Media equivalent : 100 mi$.

  • In a creative work, all parts have to be thought as having equal value

Chaque partie est très importante. Parce que si une partie n’est pas bien faite, le travail entier devient médiocre.     

  • La création, c’est la contrainte.

Mais les gens qui travaillent dans le département de création disent toujours qu’il y a trop de contraintes. Il faut augmenter les objectifs et limiter les ressources. Stressant ? oui ! Mais enrichissant !? Bien sûr.

  • L'argent aide, mais il faut savoir créer sans des moyens financiers.  

Ex : Eric n’avait pas d’argent, donc ils ont fait un Fashion show with just one Model (online).

  • Lateral thinking is essential.

Ex : Big companies know this so they embauchent des gens de ESCP Europe et aussi de l'IFM.  

  • Allez jusqu’au bout de l’idée.

Ex : Kiss Cool.

  • Sometimes we can only get the results by seeing the final work. Patience and belief in the team are essential.

Ex : Air France slow pub. In the beginning they were very skepctical about it. But when the end result was seen, everyone was surprinsigly satisfied.

  • Cartésien vs Latéral , Cerveau gauche vs. Cerveau Droit

Try to keep both! Not only because you are a business student, you shouldn’t actively participate in the creative process.

  • Dieu est dans les détails.

Self-explanatory concept but not evident.

  • Gestion des talents

"À chacun son métier, les vaches sont bien gardées". Si vous prenez des talents, lachez prise.
Ex : Hired Martin Scorcese to do a movie but put too many constraints so final work had nothing to do with Scorcese.
Ex2 : The differences between American management style and the French style. Americans, first mention the good sides and then critic. French : First les côtés négatifs, then the positive.

  • InterNET! How to attract people? That’s the key. Out of the common!

Ex : Amnesty International – First time NGO sells games on App Store to raise money. Incredible Sucess. Best Selling top 20 for many weeks.

  • Sugérer c’est créer, c’est détruire.

Always share your opinion! Don’t have an opinion!? There is something wrong with you…

Conclusion

If, after reading this post, you still don’t feel more creative, well re-read... Or follow the first advice, have a drink and read it again.

                                                                     
 

Les industries créatives et le cinéma vus par Céline Abecassis-Moedas

Ecrit par Shannon Renaudeau, étudiante de l'option Innovation à ESCP Europe.

L’industrie cinématographique mise en lumière par les théories de Caves.

Mon truc, c’est le cinéma. J’ai toujours été bercée dedans. Pendant quelques années, dans le cadre d’un diplôme en Cultural Studies, j’ai réfléchi aux rouages philosophiques qui régissent les médias entre eux et la consommation que l’on en fait. Je suis fascinée par les définitions que l’on peut donner au cinéma dans un cadre plus strict parce que scolaire; aussi étais--je intriguée par l’idée d’assister à un cours sur les « industries créatives » animé par Céline Abecassis-Moedas, dans le cadre de l’option Innovation.

Les industries créatives sont les industries qui produisent des biens, qui offrent une valeur artistique, culturelle ou d’entertainment aux consommateurs. Cela inclut : performing arts, films, télé, musique, édition, jeux vidéos, publicité, mode et sport.

Richard Caves* donne une définition de ce qu’il considère être « les industries créatives ». Assez globale, cette définition a l’avantage de ne laisser presque aucune discipline sur le bas côté ; le sport, par exemple, est industrie créative parce qu’entertainment et/ou culturel. Le sport, par contre, n’a jamais été trop mon truc donc passons. Reprenons l’exemple du cinéma sous la lumière du sociologue anglo-saxon. Ses quelques principes fondamentaux aux industries créatives ont eu une résonance toute particulière par rapport à l’art qui me passionne.

Nobody knows. Clairement, au cinéma, la recette miracle pour un produit réussi est loin d’être magique mais surtout partagée. Si un casting grand cru peut laisser présager un futur plutôt ensoleillé, de nombreux autres facteurs peuvent entrer dans la balance au moment de la sortie d’un film. Il est impossible de savoir quelle sera la vie d’un film après sa sortie, même s’il existe de nombreux indicateurs de prévision pour justement se rassurer et tenter d’anticiper au mieux.

Art for Art’s sake. De prime abord, ce principe ne semble pas le plus juste par rapport au cinéma. Certaines critiques acerbes et « clacissistes » pourraient concevoir le milieu du cinéma français – et américain en particulier – comme une industrie aspirant à s’américaniser grâce à des superproductions en masse. Or si le cinéma n’était fait que d’acteurs (au sens premier du terme) avides de succès au détriment de la qualité même de leur film, fruit d’années de travail, le paysage cinématographique français ne serait certainement pas aussi riche et vivant qu’aujourd’hui. Toutes les récompenses internationales accordées à nos acteurs témoignent de la qualité du septième art français.

Motley Crew Principle. Scénaristes, producteurs, réalisateurs, scriptes, assistants, électros, machinos, étalonneurs, monteurs… On ne fait pas un film tout seul. Plutôt, il y a tout un groupe de personnes aux professions et responsabilités bien différentes qui doivent co-construire un film, un projet fini. Par nature même, c’est impossible de savoir qui est responsable du succès ou de l’échec d’un film. Si le réalisateur a un pouvoir de chef d’orchestre indéniablement important, son travail repose sur la cohérence des différents travaux de toute son équipe.

Infinite variety. Deux films ne sont jamais identiques. Même une adaptation est différente de son modèle. Chaque projet est le résultat d’un ensemble de travaux mis ensemble, comme vu précédent, dans un contexte particulier grâce à une équipe. On peut donc dire que le cinéma est un conglomérat d’une multitude de films uniques par essence, aux sujets, thèmes ou équipes parfois similaires mais jamais identiques en tous points.

A list/B list. Le cinéma français repose sur un système très marqué de « bankability ». Un acteur prisé, fort d’un succès récent devient bankable c’est-à-dire que l’on peut financer un film grâce à sa participation officielle au projet. Jean Dujardin, Kad Merad, DanyBoon sont parmi les quelques acteurs français bankables. Par opposition, il existe une multitude d’acteurs aspirant à devenir plus célèbre et reconnus que l’acteur de "Brice de Nice". Ces acteurs de « B list » ne sont pas suffisamment connus pour obtenir le financement nécessaire à la fabrication d’un film mais participent néanmoins à l’industrie cinématographique.

Ars longa… donc rentes. Lorsqu’un film sort en salle, il dispose d’une semaine pour faire ses preuves et rester à l’affiche. Au delà de cette limite et si les résultats ne sont pas satisfaisants, le film est retiré du marché. Cependant, à partir du moment où un film existe, il ne pourra jamais disparaître. Après sa sortie en salle, il pourra sortir en DVD (et sera présent sur internet…) et restera accessible à tous à tout instant, même parfois des décennies plus tard. Une fois qu’il existe, en somme, un film peut avoir une vie extrêmement longue. L’art cinématographique peut perdurer et ainsi apporter des revenus aux différentes parties prenantes pendant assez longtemps.

Il apparaît que Caves et ses définitions des creatives industries s’appliquent au cinéma sans trop de difficulté et me permettent d’avoir une approche plus définie
et appliquée de ce milieu. Il est également intéressant de noter que, dans les dernières années, de nombreuses nouvelles pratiques sont venues remodeler l’industrie cinématographique, telles qu’internet et le piratage par exemple. Malgré ces deux nouvelles tendances qui viennent bouleverser les habitudes de consommation des spectateurs, les six principes énoncés semblent pour l’instant toujours applicables à cette industrie, signe peut-­être que cet art n’est pas prêt de succomber aux attentats technologiques récents.

* extraits disponibles sur Google Books.

Big Picture : conférence « Le luxe, la culture de l’écart » par Cristina Parma

Ecrit par Sophie Marty et Clara Sgard, étudiantes de l'option Innovation à ESCP Europe. Le séminaire Big Picture, conçu et réalisé en commun avec l’IFM (Institut Français de la Mode) et L'Oréal, cherche à faire développer un objet de création représentant l’époque dans laquelle nous vivons. En un temps très limité (4 jours et 3 nuits), huit groupes d'étudiants ont dû livrer leur vision du « bien-être » sous la forme d’une vidéo, qui a été évaluée par un comité de créateurs, de designers et de spécialistes de l'innovation. Les étudiants ont suivi plusieurs conférences en amont de ce projet.

logo IFMLundi 5 mars, 18h, notre fine équipe d’innovateurs d’ESCP Europe arrive dans les bâtiments contemporains de l’IFM, quai d’Austerlitz. Nous sommes accueillis dans un grand amphithéâtre avec une soixantaine d’étudiants de l’institut, venus comme nous préparer le séminaire Big Picture par une série de conférences. Nous assistons donc à la première d’entre elles, animée par Cristina Parma, qui après avoir démarré en Italie au sein du groupe L’Oréal en marketing, a travaillé pendant 7 ans sur le développement des parfums Giorgio Armani à Paris et occupe désormais la fonction de Marketing Program Development Director au sein de la division Luxe de L’Oréal.

 

logo L'Oréal Après nous avoir présenté L’Oréal de manière générale, Cristina insiste plus particulièrement sur la division Luxe de L’Oréal, née en 1964 avec la marque Lancôme, la plus importante de ce département encore aujourd’hui. Après quoi nous en venons à la problématique du jour : qu’est-ce que le luxe ?
Cristina propose aux étudiants d’essayer de définir alors ce terme : « qualité, rareté, coûteux, technologique, perfection, excellence » sont les mots qui émergent de l’amphi. Mais tous ces mots sont subjectifs et aucun d’entre eux ne permet de donner une définition exacte du concept de luxe. En effet, en donner une définition parfaite est compliqué étant donné la subjectivité qu’évoque ce concept, selon les pays et les zones du monde.

Selon Cristina il existe une définition incontestable et universelle : le luxe est la « culture de l’écart ». Mais qu’est-ce que cela signifie ? Le luxe est en fait l’art de faire quelque chose de différent par rapport à la norme, il s’agit d’une déviation ou disruption. Cela implique que la norme de référence soit déjà préétablie. Une norme est nécessairement en perpétuelle évolution et est définie par rapport à une culture. Comment traduire ce concept de « culture de l’écart » en anglais ? On pourrait parler de « gap » mais ce terme sous-entend la notion de vide, alors nous parlerons par la suite plutôt de « twist ».

Dans l’industrie du luxe, le twist doit être porteur de valeurs, cohérent et sincère avec la marque. Il peut s’effectuer vers le haut, vers le côté ou encore vers le bas :



Ce twist peut se manifester dans le produit, qui peut paraître inaccessible pour le plus grand nombre (par exemple la télévision en couleur était un luxe pour nos parents car très peu de gens en avaient une), mais pas seulement ! Dans l’industrie du luxe, le twist peut se matérialiser en marketing qui met en avant le produit sur le marché d’une manière totalement différente des concurrents.

La reproduction et la copie nuisent au luxe et au principe de l’écart (cf Luxe oblige, J.N. Kapferer & V.Bastien). Il est donc important pour chaque marque de luxe de se démarquer les unes des autres. Voici donc quelques manières de s’écarter de la norme dans l’industrie du luxe :

Fauchon s'emporte

Cette publicité de Fauchon représente un upward twist. A travers un field-crossing, la pâtisserie haut de gamme joue sur les codes du luxe cosmétique pour se démarquer et interpeler l’attention.

 

 

 

Victor & Rolf boutique upside-down à Milan

 

 

La marque Victor & Rolf utilise quant elle un sideward twist pour sa boutique upside-down à Milan, dans laquelle le plafond correspond au sol, et le sol au plafond.

 

 

 

 

Karl Lagerfeld Gun Shoes pour Madonna.

 

Karl Lagerfeld effectue quant à lui un downward twist avec ses Gun Shoes pour Madonna.
Pour toutes ces marques, les twists sont rendus possibles par une forte identité de marque préalable.

 

 

 

Depuis quelques années, l’univers du luxe connaît une véritable révolution grâce à l’émergence du digital. Ce canal de publicité et de distribution étant largement répandu chez les marques de mass market, l’industrie du luxe a d’abord pensé qu’il était contre sa définition d’utiliser Internet. Mais finalement, le luxe a su utiliser le digital de manière détournée et à créer de nouvelles interactions avec ses clients (ex : utilisation de Facebook pour le lancement des mascaras « Hypnôse Doll Eyes » où les clients peuvent créer leur propre poupée à leur effigie). Dans ce contexte, le marketing devient davantage expérientiel et prend en considération l’expression des consommateurs. Paradoxalement, le monde virtuel a changé le monde physique du luxe car de nouvelles expériences uniques en points de vente se sont développées à partir du digital et de l’écoute des consommateurs. Le phénomène de communauté devient de plus en plus important dans l’achat d’une marque de luxe ce qui amène à dire que le luxe ne devrait plus définir le CRM comme étant le Customer Relation Management mais plutôt comme étant un Community Recognition Management.
Cette conférence a mis en lumière l’importance de rompre avec les normes du luxe tout en conservant son image de marque. La culture de l’écart qui passe par l’upward, le downward et le sideward twists passe désormais aussi par le digital, un canal plein d’avenir pour l’industrie du luxe.

ESCP Europe et Centdegrés : les étudiants inventent une marque

Ecrit par Giovanni Ravina et Renato Rolle, étudiants de l'option Innovation à ESCP Europe. Les étudiants ont travaillé sur le design thinking avec l'agence Cendegrés, dans ses locaux du 12 rue Martel, Paris 10ème.

L’Option Innovation de l’ESCP Europe. L’agence de design Centdegrés. Qu’est-ce qu’ils font ensemble ? Une série de conférences sur le design thinking, c’est-à-dire le rôle du design dans l’innovation.

http://centdegres.eu/wp-content/themes/Centdegres/images/logoCentdeg.png

L’agence Centdegrés est née en 1988 d’une rencontre entre David Nitlich et Elie Papiernik qui partagent une même vision de la création. Ils ont confronté leurs parcours et rassemblé leurs compétences pour donner vie à une démarche innovante et atypique dont les maîtres mots sont : audace, exigence, ouverture d’esprit, éclectisme. L’histoire de leur collaboration commence à Hong Kong, en 1986. En septembre 2009, Thibault Ponroy rejoint Centdegrés. Son expérience et son regard d’ancien dirigeant de marques de luxe, ainsi que sa connaissance de la distribution donnent une dimension nouvelle aux projets de construction et de transformation des marques. En tant que Directeur du Développement, il intervient sur la prospection et sur toutes les thématiques liées au retail, category management et le conseil stratégique.

C’est Thibault qui accueille les 15 étudiants de l’ESCP Europe. Le séminaire se déroule à l’extérieur de l’Ecole, dans le siège de l’agence, un immeuble situé dans une cour, qui cache une architecture intérieure futuriste et minimaliste. C'est dans cet open-space qu'auront lieu les leçons, dans un vaste espace au milieu du bureau.

La description du projet sur le site de CentDegrés :

Centdegrés organised in February and May 2012 a succession of conferences about « design thinking:design’s role in the innovation approach » for a group of 15th students from the ESCP. The first conferences, organised by Thibault Ponroy and Jean-Charles Demaillat, were about distribution and strategy. The last two conferences, lead by Ludovic Delaherche and Elie Papiernik, were about digital and design. The students had to work on imaginary concepts and strategy for foreign companies, using the information contained in the conferences.

Le projet, composé de différentes étapes, est de créer une nouvelle marque à partir de rien. En considérant l’expertise de l’agence pour les thèmes relatifs à la mode et au luxe, les étudiants sont divisés en quatre groupes : haircare, skincare, maquillage et parfums. A la fin du projet, chaque groupe devra présenter sa marque à M. Ponroy. Tous les groupes, dans les différentes séances, n'ont cessé de faire évoluer leur projet. L’élaboration de leur vision de la marque, claire et originale, qui accompagne les projets de création, construite sur leurs valeurs, leur éthique et leur positionnement, a accompagnée par les bons esprits des consultants et designers de l’agence.

La première séance, tenue par Thibault Ponroy et Jean-Charles Demaillat, s’est déroulée sur les thèmes de la distribution et de la stratégie : avant de la finir, toutes les équipes ont présenté leur concept et les données principales comme la cible et les next steps de leur projet. Les deux dernières leçons animées par Ludovic Delaherche et Elie Papiernik, ont porté sur le digital et le design. Le seul matériel à disposition des étudiants a été leur imagination. La formalisation finale de cette vision a été sous forme de plateforme de style, outil clef de l’approche de Centdegrés , qui “encapsule” de façon projective et constructrice les ambitions de l’entreprise, le projet de marque et définit son terrain original d’expression. Tous les projets, nés par une idée et enfin développés dans tous les aspects managériaux, ont étés empruntés sur l’innovation : développer un concept, un business model innovant.

En conclusion, on peut dire que l’utilité de ce type de cours se trouve dans leur côté atypique. La délocalisation, l’examen sous forme de présentation d’un projet d’équipe, créer et pas étudier le préexistant. C’est comme ça que l'on innove à l’ESCP Europe !

Séminaire X - ESCP sur le véhicule électrique, en partenariat avec Renault

Ecrit par Elia Guerra et Clément Hugon, étudiants de l'option Innovation à ESCP Europe. Ce séminaire a réuni des étudiants de l'ESCP Europe et de l'école Polytechnique autour d'un projet sur le véhicule électrique. Les étudiants ont rencontré des chefs de projet Renault auTechnocentre de Guyancourt et ont travaillé pendant plusieurs semaines sur les nouvelles problématiques de la mobilité électrique.

logo RenaultAu cours de notre majeure Innovation, nous avons participé à un projet pour le moins fascinant. Ce séminaire nous a enrichis non seulement de connaissances dans l'industrie de la voiture électrique mais ce fût aussi une expérience nouvelle puisque nous avons dû collaborer avec des étudiants ingénieurs polytechniciens. Le projet Renault nous a donné la possibilité d'ajouter une pierre à un édifice révolutionnaire qu'est la voiture électrique puisqu'aujourd'hui Renault est l'un des pionniers en la matière et quasiment le seul constructeur automobile à concevoir des véhicules uniquement électriques !

Bien sûr être un pionnier dans ce domaine fait partie de la stratégie du groupe. La voiture électrique est l'avenir de l'automobile, et d'ores et déjà débuter sa conception donnera aussi bien un net avantage compétitif à Renault sur ses concurrents qu'une légitimité au constructeur, qui à l'heure actuelle ne dispose que de peu de savoir-faire dans les moteurs électriques et les batteries. Or pour acquérir ses connaissances, Renault doit aujourd’hui développer son réseau par le biais de partenariats avec toujours comme objectif la construction d'un business model rentable dans la plus brève échéance possible. Il s'agit d'un point crucial pour le groupe et c'est pour cette raison que nous avons été amenés à essayer d'apporter des conseils et solutions tant en termes stratégiques que marketing. De notre côté cela a été un grand honneur d'aborder cette problématique et de tenter d'apporter des solutions innovantes à un grand groupe mondial.

Passons maintenant à un point de vue un peu plus technique du projet. Les avantages des véhicules électriques sur les thermiques sont indéniables :

  • En termes d'émission de CO2 d'abord. Il y a aujourd'hui un consensus scientifique sur le réchauffement climatique. Beaucoup s'accordent à dire que le changement climatique est l'une des préoccupations majeures de notre siècle.
  • Le prix du baril de pétrole : une donnée clé pour le consommateur. L'augmentation hors de contrôle du prix de l'essence depuis des années accentue l'intérêt des consommateurs pour la voiture électrique.
  • La crise économique n'améliore pas les choses. Une conséquence de la montée des cours du brut est que la voiture est devenue un bien de luxe que seule une minorité peut se permettre.
  • La taxe carbone : seuls les véhicules électriques peuvent prétendre n'émettre « aucun gaz à effet de serre ».

Voilà pourquoi le premier pas à entreprendre est de réduire le coût des carburants, stopper les émissions nocives et créer un réseau viable de transport. C'est exactement ce que Renault est en train de construire. Et le plus excitant est que nous, élèves ESCP Europe et élèves polytechniciens, nous pouvons aujourd'hui contribuer à ce projet révolutionnaire !

Ce type d'expérience est l'une des raisons qui nous a conduit à choisir il y a quelques mois l'option Innovation : un chemin sinueux qui nous a enrichis par de nombreuses expériences en entreprise comme Renault mais aussi par un nombre incalculable de méthodes pour rendre le monde davantage innovant !
 

L'option Innovation à ESCP Europe

Ecrit par Delphine MANCEAU, Directeur de l'option Innovation de ESCP Europe

Suite à la création de l'Institut pour l'Innovation et la Compétitivité i7 en janvier 2011, ESCP Europe a développé au sein du Master in Management une option Innovation à destination des étudiants de dernière année. Cette spécialisation constitue un programme transversal et interdisciplinaire qui permet développer les différentes compétences à mobiliser pour piloter des projets innovants de différentes natures : innovation technologique et d’usage, nouveaux business models, industries créatives… Cette option permet de développer la maîtrise des enjeux organisationnels et technologiques, de connaître les pratiques en développement, comme l’open innovation, de renforcer les compétences pour le travail interdisciplinaire en équipes transversales, de savoir comment stimuler la créativité individuelle et collective.

Très appliquée, l’option Innovation se compose à la fois de cours, d’études de cas et de développement de projets d’innovation. Pour mieux apprendre à travailler avec des personnes de formations différentes, certains ateliers seront développés avec des étudiants qui suivent d'autres types de formation, en particulier des ingénieurs (Ecole Polytechnique) et des profils s'intéressant à la mode et la création (Institut Français de la Mode). 

La promotion Innovation 2012 compte 16 étudiants internationaux (France, Italie, Brésil, Israël) d'horizons différents (business, ingénieurs, sportif de haut niveau...). Ils souhaitent s'orienter vers des postes aussi divers que la stratégie, le marketing développement, le conseil en innovation, le venture capital, le e-commerce, la production cinématographique... Ils témoigneront dans ce blog de leurs différentes expériences au sein de l'option et de l'Institut i7. Leurs premiers posts seront consacrés au séminaire Big Picture, conçu et réalisé en commun avec l’Institut Français de la Mode et L'Oréal. Ce séminaire cherche à faire développer un objet de création représentant l’époque dans laquelle nous vivons. En un temps très limité (4 jours) et 3 nuits, huit groupes devront livrer leur vision du « bien-être » sous la forme d’une vidéo, qui sera évaluée par un comité de créateurs, de designers et de spécialistes de l'innovation le 29 mars prochain.